
Le reste viendra… ou pas.
Il y a des prises de conscience qui ne font pas de bruit.
Elles n’arrivent pas dans l’urgence, ni dans le fracas d’une rupture.
Elles s’installent doucement, après les tempêtes, quand le corps est fatigué mais que l’esprit commence à voir clair.
Ce texte est né de cet endroit-là.
Pas d’une fin brutale, mais d’un basculement intérieur.
Celui où l’on comprend que guérir n’est pas une étape vers quelqu’un,
mais un chemin vers soi.
J’ai fait le deuil de son retour, pas encore celui de l’amour.
Il y a des prises de conscience qui ne font pas de bruit.
Elles ne claquent pas comme des portes.
Elles s’installent doucement, presque en silence, et pourtant… elles changent tout.
Ces derniers temps, j’ai compris quelque chose d’essentiel.
J’ai fait le deuil de son retour.
Vraiment.
Je n’attends plus qu’il revienne.
Je n’espère plus un message, un signe, un retournement de situation.
Mais je n’ai pas encore fait le deuil de la relation.
Ni celui de l’amour.
Et peut-être que je n’y serai jamais totalement prête.
Peut-être que certains deuils ne se font pas d’un bloc.
Peut-être qu’ils se transforment, se déplacent, se déposent autrement avec le temps.
Aujourd’hui, dans l’état actuel des choses, je n’ai ni l’envie, ni l’énergie, ni la patience de retomber amoureuse.
Je n’ai pas envie de rencontrer quelqu’un.
Je n’ai pas envie de recommencer une histoire.
Pas parce que je n’y crois plus.
Mais parce que ça m’a coûté trop cher.
L’addition a été beaucoup trop salée.
Et je ne suis ni en mesure, ni en capacité de repasser à la caisse.
Pour l’instant, il y a autre chose à faire.
Quelque chose de plus important.
De plus vital.
Apprendre à être seule.
Mais pas dans le sens vide ou abandonné.
Apprendre à me découvrir, ou peut-être à me redécouvrir, sans le regard de quelqu’un d’autre.
Apprendre qui je suis quand je ne me définis plus à travers une relation.
Apprendre à m’aimer.
À m’assumer.
À m’accepter.
À me respecter.
Guérir, aussi.
Émotionnellement.
Psychiquement.
Physiquement.
Et plus j’avance, plus je comprends une chose fondamentale :
la guérison n’est pas un chemin lisse, bordé de tulipes et de pétunias.
La guérison est chaotique.
Elle est inconfortable.
Elle est parfois violente.
Elle est faite de coins d’ombre et de coins de lumière.
De hauts et de bas.
De moments de clarté… suivis de craquages.
De trop-pleins.
De vides émotionnels.
De phases où l’on ne sait même plus ce que l’on ressent.
Il y a des jours où l’on ne sait pas si l’on est triste, heureuse, soulagée, épuisée ou simplement vide.
Des jours où tout se mélange.
Et c’est normal.
La guérison n’est pas linéaire.
Et celui qui prétend le contraire est un menteur.
Tout comme celui qui a dit que la vie était un long fleuve tranquille.
Parce que non.
La vie ne l’est pas.
Jamais.
Et j’ai compris autre chose, tout aussi importante.
Une phrase que l’on répète souvent, presque comme une vérité universelle, est elle aussi fausse.
« Traite les gens comme tu aimerais qu’ils te traitent. »
Non.
Parce que pendant longtemps, j’ai appliqué cette phrase à la lettre.
J’ai donné ce que j’aurais aimé recevoir.
J’ai été douce quand on ne l’était pas avec moi.
Présente quand on était absent.
Compréhensive quand on me blessait.
Patiente quand on dépassait mes limites.
Et ça ne m’a pas protégée.
Ça m’a exposée.
Aujourd’hui, je sais que la vraie phrase est celle-ci :
traite-toi comme tu aimerais que les gens te traitent.
Parce que si je m’oublie,
si je me renie,
si je me manque de respect,
alors les autres ne peuvent pas me respecter à ma place.
On ne peut pas apprendre aux autres à nous traiter correctement
si nous-mêmes acceptons l’inacceptable.
La vie secoue.
La vie bouscule.
La vie fait tomber, relever, retomber encore.
Et parfois, elle demande simplement de tenir.
Un jour de plus.
Une respiration de plus.
Aujourd’hui, je ne cherche pas à aller mieux vite.
Je cherche à aller vrai.
À mon rythme.
Avec mes failles.
Avec mes résistances.
Avec mes contradictions.
Je ne ferme pas la porte à l’amour.
Mais je ne la rouvre pas non plus tant que je ne suis pas solide à l’intérieur.
Parce que je refuse désormais de me perdre pour aimer.
Je refuse de me sacrifier pour exister dans le regard de quelqu’un.
Pour l’instant, je marche seule.
Pas parce que je n’aime plus.
Mais parce que je me choisis.
Et ça, c’est déjà un immense pas.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à réparer pour être aimée.
Je me reconstruis pour être vivante.
Présente.
Alignée.
Si un jour l’amour revient, il trouvera une femme debout, consciente, entière.
Et s’il ne revient pas, je saurai quand même avancer.
Parce que désormais, je le sais :
j’ai guéri pour vivre.
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