
Le 8 mars, ce n’est pas la “journée de la femme”.
Ce n’est pas une version printanière de la Saint-Valentin.
Ce n’est pas une opération marketing en vitrine.
Ce n’est pas un bouquet emballé dans du papier rose pour se donner bonne conscience.
Le 8 mars, c’est la Journée internationale des droits des femmes.
Le mot important, c’est droits.
Des droits qui n’ont jamais été offerts avec le sourire.
Des droits arrachés.
Obtenus par des luttes.
Par des grèves.
Par des femmes méprisées, moquées, emprisonnées, battues parfois.
Par des femmes qui ont osé dire non quand on leur disait de se taire.
Réduire cette journée à une “fête”, c’est effacer ce combat.
C’est transformer une revendication en décoration.
Le 8 mars ne célèbre pas la féminité.
Il rappelle les inégalités.
Il rappelle que l’égalité salariale n’est toujours pas une réalité.
Que les postes de pouvoir restent majoritairement masculins.
Que les violences sexuelles existent, partout, tous les jours.
Que l’on questionne encore la victime avant de questionner l’agresseur.
Que le consentement est encore mal compris, minimisé, détourné.
Ce n’est pas une opinion radicale.
C’est un constat.
Dire cela ne fait pas de moi une “féministe extrême”.
Ça fait de moi quelqu’un qui refuse qu’on vide une lutte de son sens.
On peut offrir des fleurs si on veut.
Mais les fleurs ne remplacent pas le respect.
Elles ne remplacent pas la justice.
Elles ne remplacent pas l’égalité.
Elles ne remplacent pas la sécurité.
Elles ne remplacent pas la reconnaissance.
Ce que le 8 mars exige, ce n’est pas un geste symbolique.
C’est une prise de conscience.
C’est regarder en face ce qui a été gagné, et ce qui reste à conquérir.
Parce que oui, des combats ont été menés.
Oui, des victoires ont été obtenues.
Oui, des avancées ont changé nos vies.
Mais tout n’est pas réglé.
Tout n’est pas équilibré.
Tout n’est pas sécurisé.
Le 8 mars n’est pas une journée pour flatter.
C’est une journée pour rappeler.
Rappeler que l’égalité n’est pas un acquis universel.
Rappeler que les droits peuvent reculer.
Rappeler que le confort de certain·es repose encore sur les concessions des autres.
Remettre les mots à leur place,
c’est déjà refuser l’effacement.
Et si cette journée dérange,
si elle met mal à l’aise,
si elle bouscule…
Alors peut-être qu’elle joue exactement son rôle.
Le 8 mars n’est pas une fête.
C’est une mémoire.
Une revendication.
Et un rappel que l’égalité n’est pas une option.
Élyra Solän.
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