Journal Intime d'une Dépressive qui se Soigne

Je m’appelle Élyra Solän. Jeune femme d’une trentaine d’années, maman de deux enfants, j’apprends à affronter mes peurs, mes blessures et mes silences. J’écris ici pour me soigner, pour me retrouver, et pour ne plus transmettre ce qui m’a fait mal. J’ai compris que demander de l’aide, c’est une immense force.

Il y a des jours où le temps semble s’étirer à l’infini,
où rien ne blesse vraiment mais où rien ne répare non plus.
Des jours sans crise, sans drame,
juste cette impression de flotter dans une bulle trop calme,
où les pensées tournent en rond comme pour remplir le vide.

C’est un de ces jours-là.

Ce n’est ni un jour triste, ni un jour heureux. C’est juste un jour de plus où j’existe malgré tout.

Il y a des jours où rien ne va vraiment mal,
mais rien ne va vraiment bien non plus.
Des jours où tout est en place, le canapé, les chats, le thé tiède sur la table…
et pourtant, tout semble un peu de travers, comme si le monde respirait à contretemps.

Nous sommes mardi 11 novembre.
Un jour qui n’a rien de particulier, sauf ce trop de calme qui finit par peser.
La maison est silencieuse, un peu trop grande pour moi seule.
Les enfants sont ailleurs, heureux peut-être.
Et moi, je suis ici, à moitié là, à moitié ailleurs, coincée quelque part entre le vide et la pensée.

Je ne sais pas vraiment ce que je ressens.
Ni bien, ni mal, ni triste, ni apaisée.
Juste un mélange de tout, trop dense pour être clair.
Si je pense trop, je pleure.
Si je ne pense pas assez, je pleure aussi.
Et alors je me tais, je m’enroule dans un plaid,
comme si le tissu pouvait me tenir lieu d’étreinte.

Les chats dorment contre moi, tranquilles, lourds de ce genre de paix que je n’arrive plus à atteindre.
Je les regarde respirer, et je me dis qu’ils ne savent pas ce que c’est,
le poids du silence quand il devient miroir.
J’aimerais combler ce vide, parler, rire, bouger,
mais je n’ai envie de rien.
Et rien ne me manque plus que ce rien-là, celui d’avant,
quand les bruits de la maison étaient encore familiers, vivants, partagés.

Je crois que c’est ça, cette période étrange :
un entre-deux.
Un endroit flou où l’on apprend à vivre autrement,
à accepter de ne plus tout comprendre,
à survivre à la douceur comme à la douleur.

Je ne sais pas encore ce que je suis censée en faire,
de cette solitude qui me serre sans m’étouffer,
de cette tristesse sans drame,
de cette paix qui ne calme rien.
Je sais juste que je suis là,
que je continue,
que je respire, même quand ça brûle un peu.

Et peut-être que, quelque part,
c’est déjà un début.

Peut-être qu’un jour, ce calme ne sera plus une épreuve.
Peut-être qu’il deviendra un refuge, une pause entre deux respirations du cœur.
Aujourd’hui, je ne cherche plus à tout comprendre.
J’essaie juste de me laisser traverser par la vie, même quand elle est floue,
même quand elle me laisse seule sur le canapé, entre mes chats et mes pensées.

Et si je ne sais plus vraiment ce que je ressens,
au moins, je le ressens encore.
Et c’est déjà ça.

Élyra Solän 🌙

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